#36 Etienne Chouard et les « antifas-natiques »

Dans un article précédent, je parlais d’Etienne Chouard et de sa position contre les « antifascistes ». Le professeur a récidivé en utilisant deux expressions à connotation négative : « antifa-natiques » et « talibantifas ».

En essayant de soutenir Paul-Eric Blanrue, un essayiste antisémite et négationniste, Etienne Chouard s’enfonce encore plus profondément. Il a pris la décision qui lui incombe de défendre « l’indéfendable ». D’ailleurs, il ne dénonce pas par les propos de Robert Faurisson en affirmant que « je ne dis rien ». Au contraire, il tente de faire passer ces personnages obscurs comme de « véritable résistant ». Au nom de la liberté d’expression, il affirme que ces derniers se sont posés comme rempart face à la censure. Or, il existe des lois qui permettent la liberté d’expression. Mais, Chouard comme Faurisson ou Blanrue se situe dans une version américaine de la « liberté d’expression ». Ainsi, il prétexte que tous les « propos » se valent.

Pour défendre la liberté d’expression, il va jusqu’à soutenir que Rosa Luxemburg aurait soutenu ses propos. Faire parler les morts reste plus facile que d’avouer la réalité de ses propos. Mais, c’est aussi mal connaître le corpus de celle qui a lancé la ligue spartakiste et défendu bec et ongle « la démocratie socialiste » face à « la démocratie libérale ». Le projet d’Etienne Chouard n’est pas socialiste et encore moins communiste. Au contraire, sa proposition de démocratie par tirage au sort s’inspire de la démocratie athénienne et ne permet pas de représentativité du corps électoral. La « démocratie athénienne » reposait sur l’esclavage. Or, dans notre époque moderne, l’esclavage n’existe plus. Les travailleurs sont libres. Ainsi, concernant le modèle de démocratie proposé par Chouard, nous allons vers l’antithèse de la démocratie. On peut conclure que les propos d’Etienne Chouard sont particulièrement réactionnaires. Il milite pour une idée où la démocratie est limitée par le tirage au sort. Les personnes tirées au sort ne représente qu’eux-mêmes. Les personnes bien-intentionnées savent que son modèle, qu’il défend, est aux antipodes de la « démocratie directe ». Il n’évoque jamais la nécessité de créer une « république fédérale » pour laisser plus d’autonomie aux régions et aux villes. La question de l’émancipation ne fait pas partie de son projet. Au contraire, il est contre l’émancipation des travailleurs, puis des ouvriers.

Il a sur son chemin depuis des années, les antifascistes qui décortiquent chaque propos qu’il tient. Cela le dérange. Il utilise l’expression « antifas-natiques » pour considérer les antifascistes comme des fanatiques. Or, la lutte contre le fascisme n’a rien de fanatique. Il s’agit d’une lutte idéologique dans un premier temps, 1pmais aussi une lutte politique contre le fascisme et l’extrême-droite. Il n’y a pas de fanatisme à repousser l’extrême-droite et la combattre jusque dans chaque recoin.

Quant à l’expression « talibantifa », il y a une manœuvre politique destinée à faire passer les antifascistes pour des talibans et par extension pour des islamistes. Or, il convient de souligner que les islamistes font partie de l’extrême-droite musulmane. Il s’agit de reprendre les thèses de « l’islamo-gauchisme« . Autrement dit, ce sont des fascistes. Ainsi, il reprend la vieille citation apocryphe de Winston Churchill que les « antifascistes seront les fascistes de demain« .

Au final, Etienne Chouard s’enfonce toujours plus loin dans la connerie et l’obscurantisme.

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